Partager l'article ! La solitude : une maladie contagieuse: Au coeur de ma pratique quotidienne de kinésiologue, mais aussi au coeur de la vie "tout court", ce ...
Au coeur de ma pratique quotidienne de kinésiologue, mais aussi au coeur de la vie "tout court", celle d'aujourd'hui, dans une société en crise, dans un monde en mutation, il n'est pas rare d'aborder le sujet, souvent douloureux, de la solitude.
Il n'est point ici question de la "solitude choisie" (quoique celle-ci ait ses limites et qu'on soit en droit de s'interroger sur ce qui motive ce "retrait du monde"), mais bien de la sensation intime, profonde, et souffrante d'être isolé et seul. Et cela, parfois même au creux d'un foyer incluant mari ou femme et enfants, parfois même au milieu d'une foule immense. Ce sentiment de solitude-là serait, d'après une étude américaine, la nouvelle "maladie" du siècle.
"Maladie" parce que, étrangement, contagieuse... L'étude montre, sur plusieurs générations, la transmission de sentiment de solitude intérieure aux proches. Intéressante, cette analyse, je trouve.
Mais je vous laisserai lire le détail par vous-même. Il est fascinant. Ce que je peux peut-être apporter ici, c'est justement mon regard de kinésiologue : derrière l'état de solitude on trouve une façon de se représenter le monde, souvent héritée de l'enfance, qui nous dit au creux de l'oreille : "je vis dans la séparation, je suis séparé". Cet état évoque en nous une forme de désunion, de scission profonde, entre soi (le fameux "Moi" de Freud si vous voulez) et l'univers (qu'on peut appeler le monde, l'environnement, les relations, mais pas seulement... ajoutons-y aussi "Dieu", quel que soit son visage, "le grand Univers" ou le "grand architecte" des francs-maçons, la Terre-mère ... tout ce qui est "lien" autour de nous).
Regardez la canicule de 2003 et les "morts non réclamés par leurs proches", notamment dans les grandes villes... Ces anciens décédés dans l'ignorance la plus totale et soudain, cette réalité qui nous saute au visage : le lien social se défait peu à peu, lamentablement parfois, et dans le désintérêt le plus total...
Ecoutez les personnes "naufragées en Vendée", qui ont tout perdu, et qui viennent soutenir les familles ayant perdu un proche : ces gens pleurent sur leur sort mais se tiennent debout parce que "d'autres souffrent tellement plus que nous...nous nous n'avons plus rien, mais nous sommes toujours en vie, au moins...".
Deux exemples, deux extrêmes. Comme s'il nous fallait des électrochocs pour comprendre que l'état de délaissement, d'abandon, de désertion et d'isolement n'est une fatalité que si on contribue, par notre désintérêt, à laisser mourir le lien social. Et le chemin commence en chacun de nous : qu'ai-je fait aujourd'hui pour sortir de ma petite révolution nombriliste et pour alimenter autour de moi "les liens"?
Je souris en me disant que cet après-midi j'ai prévu, comme je le fais régulièrement dès que je le peux, d'aller jouer au Scrabble avec les anciens de ma commune. Oh ne vous y trompez pas !
Ce n'est pas vraiment moi qui leur apporte du réconfort....Bien souvent, c'est même l'inverse ! En fait, ces instants de partage nourrissent les participants réciproquement, et aident à conserver
la jeunesse du coeur et de l'esprit (Et croyez-moi, les anciennes trichent au Scrabble bien mieux que je ne saurai jamais le faire ! Mais quelle jubilation de sentir toute cette espièglerie si
vivante et présente !)
Finalement, de tout cela il ressort 2 ou 3 choses intéressantes :
- La première est que le sentiment "maladif" de solitude demande parfois un accompagnement pour comprendre ce qui, dans notre histoire, vient alimenter cette idée d'être "seul, abandonné et
séparé". Car objectivement, et même sans avoir de personnes directement à côté de nous...nous ne sommes JAMAIS seuls. Je pourrai en reparler ultérieurement, dans un autre blog. D'autres le font
bien mieux que moi. Mais nous sommes tous et toutes reliés à tout ce qui nous entoure, aussi le sentiment de solitude est-il une forme de cécité "provoquée" par notre vécu, qui demande à être
réajustée, ré-ouverte aussi, sur l'espace apaisant et profondément ressourçant des "liens de vie". Il s'agit d'un cercle vicieux qui demande à être brisé : car la solitude entretient
effectivement (et diffuse...) la solitude.
- La seconde est que si nous veillons à mettre dans nos priorités, jour après jour, un peu de vie dans nos "reliances"...Alors nous prévenons l'apparition de ce sentiment de solitude. Créons du lien, sortons de notre orbite nombriliste, quittons les rails qui nous font tourner en rond autour de nous-mêmes...pour aller "à la rencontre de". Osons le dépaysement, osons peut-être la confrontation avec des réalités sociales autres, voire plus difficiles que les nôtres... Tissons, relions, rassemblons. Il en faut peu pour que s'accomplisse le miracle : Une main tendue pour aider une vieille dame à faire ses courses, accompagner un invalide jusqu'à la tombe de sa bien-aimée au cimetière, un plateau de Scrabble, un repas entre amis, une balade avec des enfants, un peu de son temps pour aider la SPA locale à traiter correctement les animaux du refuge... Le lien est partout. Il n'attend que nous, et notre bienveillance à son égard, pour vivre et croître, endiguant ainsi nos petites terreurs intimes et nos grands chagrins d'hier.
Je vous souhaite une bonne lecture, de cet article surprenant sur le phénomène constaté de la solitude, ainsi qu'une journée placée sous le signe du LIEN.
Gaëlle
04 décembre 2009
Par Thierry MONOD
Les résultats surprenants d’une étude américaine sur les réseaux sociaux paraîtront dans le numéro de décembre du « Journal of Personality and Social Psychology. » Par réseaux sociaux, il ne faut pas entendre Facebook, Twitter, Linkedin et autres évolutions technologiques récentes mais bel et bien la vision classique des interactions humaines dans le monde réel.
La solitude d’une personne se transmettrait aux autres dans le fait qu’elle tend à la positionner en périphérie de son réseau social et qu’elle transmet aux derniers proches qu’il lui reste, ses sentiments de solitude. Les auteurs comparent notre tissu social à un chandail dont les mailles en périphérie tendent à se défaire.
L’étude a porté sur plus de 5000 sujets de la deuxième génération de l’étude Framingham, étude qui a suivi l’état de santé d’individus de la ville de Framingham (Etats- Unis) pendant plus de 60 ans.
L’investigateur principal de l’étude affirme « avoir découvert un nouveau modèle comportemental contagieux qui pousse les individus en périphérie des réseaux sociaux lorsqu’ils se sentent seuls ». Il décrit ainsi un cercle vicieux dans lequel plus l’individu souffrant de solitude dérive en périphérie de son réseau social: plus il perd les amis qu’il lui reste et plus ces derniers perdront à leur tour leurs amis…
Par exemple, l’un de ces schémas comportementaux démarre lorsqu’une personne annonce qu’elle se sent particulièrement seule pendant une période donnée. Peu de temps plus tard, des schémas similaires se déclenchent spontanément auprès de ses voisins ou de ses amis proches. Et ainsi de suite…
Cette étude permet de comprendre certaines « forces sociales » impliquées dans les phénomènes de solitude.
« Alone in the Crowd: The Structure and Spread of Loneliness in a Large
Social Network. »
John T Cacciopo, James H Fowler, Nicholas A Christakis.
Journal of Personality and Social Psychology,
December 2009 (pre-publication proof).
DOI:10.1037/a0016076
Crédits photo : FasterDix
"Pour savoir que l'on rêve, encore faut-il prendre conscience que l'on dort" (un internaute)
"Douter de tout, ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir" (H.POINCARE)"D
"Aime-moi lorsque je le mérite moins, car c'est alors que j'en ai le plus besoin" (Proverbe chinois)
Aimouter de tout ou tout croire,
ce sont deux solutions également commodes,
qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir."
H. Poincaré
"Douter de tout ou tout croire,
ce sont deux solutions également commodes,
qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir."
H. Poincaré